documents, jeux, fiches, manipulations, réflexions, inclusions
Il y a trèèèèèèèès longtemps, j'enseignais pour la première fois après ma formation (en 2 ans complets à l'époque) de professeure des écoles, et je recevais la visite d'un conseiller pédagogique (un vrai conseiller = quelqu'un de terrain et de reflexion, formateur).
Il m'observe et me demande la différence entre mes notations "bien" et "très bien"... Discussion ensemble, et j'ai compris que "un peu bien", "moyen bien" et "super bien" c'était quand même très très très subjectifs.
Formation après formation, j'ai évolué et complètement transformé mes remarques sur les cahiers, copies et autres supports. J'ai testé, abandonné, modifié de nombreuses façons de faire.
Qu'en reste-t-il ?
Le mot "bien" accompagné ou non d'un autre adverbe et/ou de commentaire, ne s'adresse jamais dans la tête de l'apprenant à son travail, mais reste lié à un jugement de ce qu'il est lui en tant que personne. Même si on précise "ton travail est bien". Pourquoi ? Parce que dans le langage courant, il s'adresse souvent à notre personne : Comment tu vas ? Bien / Je me porte bien.... Donc on laisse tomber ce mot ! On ne peut pas lutter contre les habitudes de langage d'une société dans une époque donnée. Sans m'étendre d'avantage, il en est de même avec le mot "bon".
Le travail est donc de façon binaire : réussi ou non réussi par rapport à un attendu. Un point c'est tout. Et si dans une réponse écrite un élève a bien répondu à la question, mais avec une phrase tronquée et sans maitrise de l'orthographe, alors la réponse est réussie, l'orthographe et la construction de la phrase ne le sont pas.
Donc aucune nuance ?
En ULIS, j'ai toujours considéré qu'une tâche devait être réussie à la fin. Donc, on le reprend jusqu'à ce qu'elle le soit. Ensuite, en autoévaluation ou coévaluation avec l'enseignant, l'élève dit s'il a
-réussi seul et facilement,
-réussi seul avec du temps, des outils,
-réussi avec un peu aide (que l'on détermine selon les tâches, cela peut être une question ou une indication de l'adulte ou d'un camarade, un outils supplémentaire etc. mais il s'agit toujours d'une seule intervention, d'un seul étayage supplémentaire),
-réussi avec beaucoup d'aide : des explications supplémentaires, un accompagnement humain... de nombreux étayages.
Cf. les outils Je réussis...oui mais comment ?
Je préfère aussi ces mots aux autres notations qui signifient la même choses, mais de façon plus abstraites pour les élèves (A, B, C, D /// bleu, vert, jaune, rouge /// maitrise dépassée, maitrise atteinte, maitrise fragile, maitrise insuffisante...).
En classe de SEGPA, le temps ne s'étire pas de la même façon et les élèves sont plus nombreux.
Je ne sais pas comment, avec quels outils, je vais maintenir cette notion essentielle pour moi : comment amener l'élève à trouver la réponse, à réussir, à son rythme dans un temps restreint, et sans lui fournir la réponse ? Ce qui est sûr, c'est que je vais continuer à parler et à écrire qu'une tâche est réussie ou non, et ne jamais dire d'un travail qu'il est bien bien ou bon bon !